L'oie et l'oignon

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20 Comments    01-12-2013


Ou digression dominicale...

 

Terribles destins que ceux de l'Oie et de l'Oignon...

Non que je dérivasse -elle est quand même belle la langue française, hein Zyvâ!-, ou divaguasse à outrance, mais la rencontre ce matin avec les deux espèces m'a laissé perplexe de quelques réflexions...

On dit, et c'est vrai, c'est constaté, que quand les oignons font plusieurs peaux, c'est que l'hiver va être froid.

Oui, l'hiver septentrional, celui qui commence en Décembre pour se finir en … Pfouuu... en Avril, dans le meilleur des cas sous les 52°N.... !

En en épluchant un, me vint une réflexion : c'est idiot un oignon, me dis-je, avec une pensée fugace et émue pour tous ceux qui auraient eu l'idée de penser que ce pusse être intelligent, un oignon...

C'est bien prévoyant de faire plusieurs peaux pour parer aux frimas, sauf qu'on l'aura bouffé depuis longtemps quand les frimas seront venus ! Donc ça sert à quoi de se faire plusieurs peaux pour un moment que l'on ne connaîtra jamais ! C'est idiot...

Cheminant clopin-clopan avec mon chien dont je venais de m'apercevoir qu'il voyait à travers les murs, et que les conséquences pouvaient s'en révéler désastreuses, je fus interpellé par mes amies les oies. Oui, je dis interpellé, parce que les bestioles étant mes voisines, séparées de moi par un simple grillage, et étant mes dites voisines depuis presque un an, on peut dire qu'une certaine relation d'amitié voire une relation certaine de je ne sais quoi s'est créée au fil des mois entre elles et moi. Et elles ne manquent jamais de courir vers moi lorsqu'elles me regardent de travers (avez-vous jamais vu des oies vous regarder de face?), les ailes ouvertes, en prononçant d’irrépétibles borborygmes (de Corinthe) pour attirer mon attention.

C'est dur d'être une oie. Pas seulement en cette période de l'année où la canicule estivale n'est rien à côté des 230° C dans lesquels l'humain souhaite les voir évoluer pendant deux heures de cuisson, et où leur espérance de vie est proportionnelle à la durée qu'il reste à couvrir avant Noël, mais cette pauvre oie domestique n'est pas née sous les meilleurs auspices.

Certes, elles font d'excellentes gardiennes ! Mais pas toujours bien réglée, l'alarme...

Dotées de grandes ailes qu'elles savent déployer, ressemblant à un certain Général sur le Balcon d'un certain bâtiment algérien au début des années soixante (je vois que « vous m'avez compris! »), ces appendices sont incapables de les soulever du moindre mètre ! Il leur faudrait probablement la longueur de la piste d'Istres et encore, lancées à toute vapeur, pour atteindre le record de Clément Ader. Pas faites pour voler, ces pauvres bêtes...

Et regardons les marcher !... Vous avez déjà marché sur le sable avec vos palmes, vous ? Moi j'ai essayé. Dur, très dur... Et elles ? Et bien comme il n'y a pas de roulettes sous les palmes, elle sont bien obligées de faire avec !

Et tout ça pour finir à la casserole... Pauvres bêtes...

Il faudra s'y faire : l'équipement des oies est à la hauteur de l'intelligence de l'oignon ! C'est un fait !

Et pendant ce temps, mon chien voit toujours à travers les murs. Vraiment ça, ça me gêne !...